A maintes reprises, ces derniers mois, la banque centrale a augmenté ses taux directeurs. Mais pour quelles raisons la banque actionne ce levier et quelles sont les conséquences de cette politique monétaire sur le marché immobilier ?
Pour maintenir la stabilité des prix dans la zone euro, la BCE dispose de plusieurs leviers, dont les taux d’intérêt. Il existe trois taux « directeurs », baptisés ainsi parce qu’ils orientent l’économie. Le taux de refinancement, le taux de prêt marginal et le taux de rémunération des dépôts. Ces derniers sont les intérêts dûs par les banques centrales nationales, par exemple la Banque de France, aux banques commerciales qui leur confient de l’argent. Plus le taux de rémunération des dépôts est élevé, plus les banques commerciales sont incitées à ne pas prêter à leur client et à faire « dormir » leur argent.
Pourquoi augmenter les taux ?
La BCE augmente ses taux lorsqu’elle constate que l’inflation est trop importante : en renchérissant le coût de l’argent, elle vise à décourager les emprunts, la circulation d’argent, la consommation et donc, in fine, à enrayer la spirale d’augmentation des prix.
Or, la reprise qui a suivi la crise sanitaire, le grippage des chaînes logistiques mondiales et la guerre en Ukraine, ont fait fortement grimper les prix ces derniers mois. Dans la zone euro, la hausse s’élève à 8,5 % sur un an en janvier.
Est-ce une mesure efficace ?
Le risque, en augmentant les taux, est de faire chuter la consommation des ménages et de gripper l’économie. En coupant le robinet de l’argent, la BCE prend le risque de casser la croissance.
Le relèvement des taux directeurs met en danger les pays les plus endettés de l’union, et on peut se poser la question de l’efficacité d’une telle mesure sur la maitrise de l’inflation, la hausse des prix étant due a des variables extérieures telles que la guerre en Ukraine qui ne sont pas prêtes de s’arrêter.
Quel impact sur le marché immobilier ?
Sur le marché de l’immobilier, le taux moyen des crédits à taux fixe a fortement augmenté sur les 18 derniers mois, passant de 1,06 % en décembre 2021 à près de 3,5% au printemps 2023. Par conséquence, le nombre de prêts accordés a baissé de 32 % entre janvier 2022 et janvier 2023, selon l’Observatoire. Cette restriction à l’accès au crédit et un cout de crédit plus élevé a donc aussi un impact sur le marché immobilier, qui voit ses prix s’ajuster à a baisse à une demande plus fébrile.
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